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Résumé :

" - Ellana, la voie des marchombres ne t'apportera ni richesse ni consécration, elle t'offrira en revanche un trésor que les hommes ont oublié : ta liberté. Si tu le désires, je peux accompagner tes premiers pas. - Que voulez-vous dire ? "

Mon avis :

Après avoir lu La quête d'Ewilan en janvier et Les mondes d'Ewilan en février, j'ai laissé le monde de Gwendalavir de côté pendant deux mois.

Une envie subite de connaître l'histoire d'Ellana m'est venue, et me voilà donc partie pour le tome 1 du Pacte des marchombres.

Ce tome 1 est axé sur les trois premières parties de la vie d'Ellana.

D'abord, nous la découvrons enfant, avec ses parents, à bord d'une caravane voyageant au nord d'Al-Far, en quête d'un lieu de vie. Nous abordons ce passage à travers les yeux d'une enfant de cinq ans, innocente et déjà avide de savoir.

Nous y découvrons également ses parents, et la magie de leurs mots quand ils s'adressent à leur fille. Une phrase m'a d'ailleurs beaucoup marqué :

"Il  y a deux réponses à cette question, comme à toutes les questions : celle du poète et celle du savant.

Laquelle veux-tu en premier ? "

Hélas, la brutalité et la cruauté du monde de Gwendalavir se rappellent à nous, et la tragédie frappe cette famille et la caravane tout entière, à l'exception d'Ellana.

Et c'est ce spectacle de désolation que vont découvrir Oukilip et Pilipip, du peuple des "petits". 

Ils vont recueillir Ellana, et lui permettre, grâce à leur joie de vie, d'atténuer le souvenir de cette tragédie. Cette philosophie de vie des "petits" donnera son humour mordant à Ellana, pour notre plus grand plaisir. Et les répliques de Pilipip et Oukilip peuvent être tordantes.

"- Eh, la momie, le coupa Ouk, on ne t'a pas demandé la couleur de ton caleçon, d'accord ? Alors tu t'écrases ou je te jette dans une mare à trodd."

Ce déroule alors pour elle une enfance pleine d'insouciance, de liberté et de framboises. Mais viens un moment où cela ne suffit plus à Ellana. Elle souhaite partir, découvrir les hommes et leurs villes. Grâce à un arbre-passeur, elle part pour Al-Far.

"– Ne faites pas cette tête, vous ressemblez au grand Boulouakoulouzek quand il n’a pas sa ration de framboises.

– Tu reviendras ? demanda Pilipip avec une fêlure dans la voix.

– Bien sûr."

À partir de ce moment viens la deuxième partie du roman, celle où Ellana découvre le monde des hommes et s'endurcit.

J'ai moins aimé ce passage même s'il est essentiel à l'évolution d'Ellana.  Vient le moment où elle reprend la route pour découvrir Gwendalavir, accompagnant une caravane qui approvisionne les fermes isolées au nord d'Al-Far. Elle paie ce voyage à la force de ses bras, travaillant dur de l'aube jusqu'au coucher du soleil. Sa rencontre avec Sayanel marque un tournant dans sa vie, même si elle ne le sait pas encore.

Puis viens la partie la plus captivante, la découverte de la guilde des marchombres et ses premiers pas sur la voie.

Ellana rencontre Jilano Alhuïn, qui va devenir  son maître. Même si pour elle, au début, l'idée d'avoir un maître la rebute beaucoup.

Son côté franc, son humour mordant et son impertinence en fond une élève pleine de surprises. Un lien très fort se crée entre elle et son maître.

L'apprentissage de la voie est pavée de philosophie et de principes de vie que l'auteur a su instiller au bon moment.

"- L’ours et l’homme se disputent un territoire. Qui a raison?
- Le chat qui les observe."

La découverte de ce que nous avions effleuré dans les tomes précédents est un pur ravissement. La voie des marchombres est pleine de sagesse. Nous découvrons également la poésie marchombre, qui est régie par trois règles : elle doit s’étaler sur trois vers, elle se lit intérieurement et non à haute voix afin qu’elle soit plus marquante dans l’âme et doit dégager une émotion, ou une sorte de vérité, quelque chose qui ne laisse pas indifférent.

" Force lumineuse et bienveillante
Gratitude infinie pour celui qui guide
Respect "

Au cours de son aprentissage, Ellana va côtoyer de très près un autre apprenti marchombre, Nillem. Ce personnage m'a moins plu, il ne m'inspire pas confiance. Il n'a pas l'âme d'un marchombre, cherchant toujours à dépasser les autres au lieu de se dépasser lui.

"- Il n'y a qu'une personne à laquelle j'ai envie et besoin de me mesurer, et ce n'est pas Nillem.
- Qui alors ?
- Moi.
[...]
- Devenir la meilleure au monde ne te semble pas un objectif suffisant? s'étonna Nillem.
- Non, parce qu'il est accessible et marque donc une fin, alors que la voie des marchombres est infinie. Si, en revanche, je cherche à devenir meilleure que moi-même, je ne m'arrêterai jamais."

Durant leur apprentissage et leur voyage vers le mont Rentaï, on alterne entre actions et moment de sérénités, entre poésies et dangers.

Ce livre a été un réel enchantement et j'attends de pouvoir lire la suite avec impatience. Il me reste juste à trouver le temps.

Note : 18/20